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Blog Créativité

L’art comme héritage : pourquoi mes originaux appartiennent à ma famille.

Une décision simple, mais fondatrice :

Avez-vous remarqué combien, la distance entre notre cerveau et notre cœur semble immense sur certains aspects ? Les informations de l’un à l’autre mettent parfois des années à se connecter ! “Le cœur a ses raisons que la raison ignore…” Cet été, j’ai pris une décision que je repoussais depuis longtemps, une décision difficile, mais vitale. Celle de ne pas vendre les originaux de mes premières séries, mes fondations. Mes aquarelles originales resteront donc en famille.

La réaction de mes enfants a confirmé ma décision… Leurs cris de joie, leurs sourires et leur soulagement étaient sans équivoque : elles y sont encore plus attachées que moi. La plupart de mes aquarelles dormaient dans un tiroir, comme si je me résignais à l’idée qu’il fallait s’en séparer pour vivre de mon art. Mais finalement, pourquoi ne pas les mettre en valeur, pour fièrement les accrocher aux murs de notre maison…?

Un patrimoine artistique et familial

Au fil du temps, j’ai commencé à réaliser que mes aquarelles ne sont pas de simples créations : elles deviennent peu à peu mon patrimoine familial. Elles appartiennent déjà, d’une certaine manière, à mes enfants.

En replongeant dans mes racines drômoises, tout s’est éclairé : mon art est nourri par ma famille, par son histoire, par sa résilience. C’est le cœur même de ma créativité, c’est aussi ce qui fait ma petite marque de fabrique. Et c’est ce qui rend, d’ailleurs, chaque art unique : personne ne peut le copier, car il est à votre image, façonné par vos joies et vos peines, infusé dans votre vécu.

Alors sortir de sa zone de confort, en art comme dans la vie, peut sembler une ascension difficile, parfois comme gravir le Mont Blanc. C’est un sentier solitaire, exigeant, initiatique. Mais le moteur familial donne des ailes, et rend l’effort non seulement possible, mais donne beaucoup de sens. D’ailleurs, il parait que, plus l’ascension est difficile, plus la vue est belle !

La valeur inestimable de l’original

Lorsqu’on est plongé dans son art, on ne réalise pas à quel point une œuvre originale n’est pas un simple objet : en réalité, elle porte l’essence-même de la vie ainsi que l’énergie et l’histoire de son créateur. C’est ce qui lui donne toute sa valeur et son unicité.

Parmi elles, certaines aquarelles occupent une place si particulière. Ce sont parfois des anthropomorphismes qui incarnent un héritage familial profond. Comme un concentré de plusieurs générations en une seule image. Il y a tant de densité que les mots ne suffisent plus – seul l’art peut l’exprimer. Ces strates d’histoires qui nous façonnent et d’émotions qui nous submergent ne peuvent pas être chiffrées, ni bradées. Par mon histoire familiale, je suis à la fois le témoin et le signe de ce pouvoir immense de la vie. Elles rendent l’original inestimable à mes yeux, car elles touchent en plein cœur.

Alors pour moi, cet original-là devient, pour ainsi dire, la dimension sacrée de l’art. C’est ce qui a le plus de valeur et qui par conséquent, mérite d’être le plus protégé. C’est donc aussi ce qui vient défier nos limites, notre intégrité, nos standards, nos valeurs intrinsèques d’artiste et d’humain. C’est pourquoi, mes séries Forest et Floral reviendront un jour à mes enfants – qui sont mes pierres précieuses, celles que j’aime et protège inconditionnellement. Car, en y réfléchissant profondément, c’est un héritage vraiment intense et puissant : mon art est ma mémoire familiale et la-leur aussi. Je ne veux pour rien au monde leur enlever. Elles y tiennent si fort… et elles ont bien raison.

Sacré art…

Et si par hasard, vous ne connaissiez pas ce phénomène (assez perturbant lorsqu’il est vécu sans aucun recul – et donc sans pouvoir y poser de mots) sachez qu’il a été largement documenté par de nombreux artistes, qui l’ont, eux aussi, vécu. Il s’agit des œuvres racines. Des œuvres particulières, des sources, des fondations, qui font comme partie d’eux-mêmes. Presque une extension nerveuse ou du cœur, pour ainsi dire.

Ces œuvres particulières, intimes, sont donc conservées par les artistes. Il leur est bien souvent impossible de s’en séparer, sans quoi, cela créerait une fracture, une déchirure, une blessure.

Développer une autre vision

Il serait tellement plus simple et tentant de penser sa réussite à court terme, en cherchant l’attention facile ou la visibilité immédiate. Mais ce qui a de la valeur (la force, la confiance, le respect, la patience) se construit dans le temps. La paix intérieure, l’authenticité et l’intégrité, elles, n’ont pas de prix : elles ne se négocient pas, elles ne s’achètent pas. C’est pourquoi il est si essentiel de bien s’entourer.

J’ai donc fait un choix différent : tracer un chemin plus lent, bien imparfait mais fidèle à mes racines et à mon histoire. L’art est loin d’être une marchandise : c’est un soin, une nécessité, une singularité. Une pièce unique porteuse de vie. Un héritage considérable pour l’humanité et en particulier pour la famille, pour la mienne en tout cas.

Un nouveau pas vers le partage

Alors, comment partager son art sans trahir cette vision tout en protégeant cette mémoire ? Quel casse-tête cornélien ! A première vue, une première réponse se profilait : proposer des reproductions. Des tirages d’art limités, pour offrir son univers, tout en gardant ses originaux dans le cercle familial. Bonne idée… – pour ma part – une idée encore “en cours de chantier” actuellement… L’art est décidément une école de la patience.

En réalité, il s’agissait simplement aussi de comprendre que certaines œuvres sont faites pour soi, pour l’atelier, pour la recherche ou l’exploration personnelle. Elles pourraient, dans le meilleur des cas, être exposées uniquement. Sans aucun autre enjeu. Et d’autres ont une place différente, elles peuvent être partagées, visibles et pourquoi pas, vendues. L’aquarelle, quelle “odyssée”, quand on y pense…

En attendant, pour ma part, d’autres sortes de reproductions sont disponibles sur mon site : au format numérique, mon art digital directement issu de mes aquarelles originales sur papier. Bien que j’aie tout à fait la possibilité de les proposer à la vente, j’ai fait le choix de vous en offrir quelques unes. Je souhaite que leur petite lumière soit accessible au plus grand nombre. Vous trouverez des fonds d’écran de téléphone par exemple, à retrouver dans mon Espace Membre VIP avec un accès Premium offert.

L’art comme héritage et comme voyage

Pour moi, l’art est un voyage : il ne s’agit pas seulement d’atteindre une destination, mais de se laisser transformer tout au long du chemin. Car chacun a une histoire différente avec laquelle il doit composer.

L’art, comme la vie, nous façonne. Ses détours, ses larmes, ses joies, ses leçons, ses rencontres et ses surprises nous transforment bien plus que l’arrivée. C’est le propre de l’exploration.

Et aujourd’hui, ce chemin se poursuit autrement pour moi. Pas de grand lancement en grandes pompes : juste un chemin simple, imparfait mais sincère, tranquille, à ma façon drômoise, hors des sentiers battus. Oui, car, la vie m’a souvent rappelé une belle chose : il n’est jamais trop tard, on n’est jamais trop “vieux”, on peut tout à fait garder nos 20 ans, nos rêves de gosses… et bien sûr, transmettre, toujours.

D’ailleurs – petite news – une nouvelle série a fini par voir le jour. Une première récolte… partagée et transmissible cette fois-ci. Ce n’est pas un pas anodin pour moi, mais il est choisi et libre surtout. Je vous laisse le soin d’aller faire un tour dans ma galerie !

Conclusion : la vraie valeur de l’art

La valeur de l’art ne se mesure pas et ne se résume pas (uniquement!) en cote ou en prix. Elle est si subjective. Elle démarre et réside dans le cœur, dans la transmission, dans ce qu’elle laisse derrière elle comme empreinte vivante. Parfois, d’ailleurs, en tant qu’artistes ces éléments nous échappent ou nous dépassent complètement.

Les aquarelles originales de mes deux premières séries resteront dans ma famille. Malgré tout, mon art est là pour être partagé, offert, vécu autrement. (comme de belles cerises qu’on offre au dessert…!)

Au fond, l’art ne répond à aucune valeur marchande réellement mesurable : il possède avant tout une valeur humaine et universelle.

Et ça, c’est inestimable.

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